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&
Sciences et technologie

 

Dépôt de brevets à l’université et besoins du marché

Données sur la production de brevets en Algérie

L’USTHB : le temple de la créativité

Des thématiques de recherche à transformer en produits innovants

L’ingénieur en sciences et technologie, un acteur clé dans le processus d’innovation

Développeurs de logiciels

L’autonomie de l’ingénieur informatique dans le processus d’innovation

L’ingénieur informatique face au système des brevets

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Introduction

Les ingénieurs en sciences et technologie occupent le back office de l’entreprise, ils sont reclus dans les ateliers de fabrication, de logistique ou encore dans les laboratoires. Ils vivent en dehors du marché. Les relations entretenues avec les autres fonctions de l’entreprise se limitent à prendre notes des instructions qui émanent de la hiérarchie, des services marketing, commercial…

Cet acteur majeur de l’entreprise est méconnu.

L’absence d’innovations technologiques dans les entreprises algériennes et l’obsolescence des produits offerts à la vente se sont imposées sur les étalages de distributeurs il y a bien longtemps. Ces dernières années la société reproche à l’université l’écart récurrent entre la recherche scientifique et les résultats socioéconomiques.

Dépôt de brevets à l’université et besoins du marché

La nouvelle politique de recherche scientifique du MERS depuis 2015, dernière loi en date a prévu un mécanisme pour créer une passerelle entre l’université et l’entreprise afin d’opérer un transfert de technologie de la première vers la seconde pour l’application industrielle des produits de la recherche . A cet effet, il est prévu la création de structure de R&D dans les entreprises moyennant une incitation financière au profit de celles qui s’exécutent. L’université quant à elle redouble d’effort pour déposer des demandes de brevets dans tous les secteurs : physique, électronique, chimie, pharmacie…

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Eléments de la Propriété Intellectuelle Etat des lieux des brevets 2017
Source : http://www.dgrsdt.dz/Pdf/Brevets/Brevets2017.pdf

 

Les directives du MERS n’ont pas rencontré l’écho escompté.

A l’évidence on constate une certaine continuité dans les méthodes d’intervention des pouvoirs publics algériens dans le secteur économique, cette résurgence des pratiques de l’ancien secteur public économique n’est pas de nature à inciter les entreprises privées à l’innovation à coups de lois. L’innovation n’est pas une affaire administrative

Les ingénieurs en sciences et technologies, les principaux déposants de brevets ne doivent pas se désintéresser d’autres disciplines telles que le marketing, le management, le droit… au motif  que « ça ce n’est pas pour moi ». Ils doivent constituer une force managériale au sein de l’entreprise et une force de proposition dans la construction de projets d’innovation répondant aux besoins du marché.

Données sur la production de brevets en Algérie

Source : www.wipo.int

Source : http://www.dgrsdt.dz/Pdf/Brevets/Brevets2017.pdf

 

Un excellent document de la DGRST du MERS est publié annuellement sur le site de l’Institution, il est à la fois pédagogique et informatif, on y trouve un ensemble d’indications relatives aux domaines scientifiques et technologiques dans les lesquels s’investissent les chercheurs algériens ainsi que le nombre de brevets délivrés par catégories d’établissements relevant du Ministère de tutelle ou non. L’évolution des statistiques depuis ces dernières années montre un intérêt certain pour la brevetabilité des résultats de la recherche.

le document étant destiné également à l’entreprise, il nous semble, qu’il gagnerait beaucoup à informer davantage sur l’objet de la demande ou du brevet d’invention en y reproduisant soit  l’ »abstract » soit un résumé comme celui des travaux de recherche destinés à la publication ainsi que toute l’information administrative relative aux titres délivrés afin de faciliter son utilisation..

L’USTHB : le temple de la créativité

 

 

Que dire de ces étudiants de licence de la faculté d’électronique de l’USTHB d’Alger qui ont réalisé diverses innovations dans le domaine de la domotique (appareillages électroniques pour les foyers) tels que les systèmes anti vol, des systèmes de détecteurs de gaz…et pourtant ces étudiants n’ont fait aucune études ou analyses préalables pour connaitre les besoins du marché.

A cet égard, à chaque hiver la presse rapporte un bon nombre de décès dans les foyers algériens dus à des fuites de gaz provoquées par des chauffages de contrefaçon, combien de vie humaines seraient sauvées avec un équipement tel que le détecteur de gaz…voilà ce qu’on appelle, en fait, une innovation et/ou invention : un produit qui intéresse le business et la société.

 

 

 

Le pas de l’innovation est ainsi franchi, il ne reste plus à ces étudiants de plonger dans l’univers des brevets d’invention pour connaitre l’état de la technique, sur ce qu’ils ont réalisé soit par eux-mêmes, soit par les autres…

 

 

 

ils apprécieront mieux, sans doute, leurs efforts quant ils sauront que 27.970 brevets d’invention relatifs à cette technologie ont été délivrés à ce jour.

Le brevet comme les marques ou encore les dessins & modèles de packaging relatifs aux innovations peuvent être protégés par des titres de propriété intellectuelle.

Des thématiques de recherche à transformer en produits innovants

La faculté des Sciences de la Vie et de la Nature de Constantine a publié un recueil en octobre 2015 portant sur des thématiques de recherche remarquable, elles correspondent aux tendances de la recherche internationale notamment sur le volet produit- santé comme elles intéressent directement le marché national.

Parmi les résultats des différents travaux un produit a fait l’objet d’une prise de brevet algérien en 2012, il s’agit d’un couscous enrichi à la spiruline, bien d’autres recherches portent sur des améliorations de qualité nutritionnelle de produit répondant à des préoccupations de santé.

Le marketing de l’industrie agroalimentaire qui déplore la massification de la consommation trouvera sans doute dans ces travaux des produits susceptibles d’application industrielle pouvant constituer un nouveau segment sur le marché de l’offre de produits alimentaire en Algérie avec des produits nutritionnels, bénéfice- santé.

L’ingénieur en sciences et technologie, un acteur clé dans le processus d’innovation

La formation au management de la propriété intellectuelle et de l’innovation au profit des ingénieurs en sciences et technologies a pour objectif de développer des capacités à la recherche industrielle appliquée grâce à la littérature des brevets d’invention.

Cette formation consiste à initier les agents des entreprises ou étudiants à utiliser les brevets d’inventions comme outil de recherche pour connaitre l’état de la technique dans un secteur technologique donné pour s’en inspirer et stimuler leur créativité dans l’élaboration de nouveaux produits.

L’ingénieur en science est l’acteur clé nous semble t-il dans ce processus d’innovation.

 

 

 

Grace à cette formation il saura évoluer et collaborer efficacement avec les différentes fonctions de l’entreprise  (le staff managérial, le marketing, le service juridique…) afin d’être partie prenante dans la prise de décision.



Les développeurs de logiciels

La production logicielle connait un essor fulgurant dans tous les secteurs et dans tous les pays quel que soit le niveau de développement. Les statistiques de PI placent les pays occidentaux parmi les premiers déposants de demande de brevet de logiciels suivis de prés par les pays émergeants. Sans figurer sur ce palmarès les pays en développement d’Afrique ne sont pas en reste de performances vu toutes les innovations apportées dans ce domaine, ce qui fait dire à certains commentateurs que certains PVD sont en train d’accomplir un saut technologique.

Des éditeurs algériens se sont distingués par certains produits dans le domaine de l’informatique de gestion grâce à des logiciels qui ont un succès reconnu sur le marché.

L’autonomie de l’ingénieur informaticien dans le processus d’innovation

Les NTIC, un mot fétiche, il est sur le bout de la langue des politiques, des juges, des chefs d’entreprise, des gens de la rue. Ces technologies sont en effet au centre de la société, de l’activité économique et culturelle.

En Algérie comme ailleurs, ces technologies ont généré des produits destinés à tous les secteurs économiques, l’industrie, l’agriculture…

Ces nouvelles technologies vs les technologies traditionnelles offrent le grand avantage aux ingénieurs en sciences, technologie et informatique algériens en particulier de se réaliser indépendamment d’un secteur industriel à la traine.

Cette autonomie relative de l’ingénieur informatique lui offre la possibilité, en plus de consommer comme tout le monde le produit de ces technologies, de les exploiter aux bénéfices de la société et de l’entreprise algérienne.

L’ingénieur informatique face au système des brevets

 

 

Selon les déclarations du directeur du département des brevets de l’INAPI, 98% des inventeurs algériens n’ont ni le statut de chercheur, ni de scientifique et les demandes de brevets sont déposées en leur nom personnel.

Dans le domaine de la création logicielle cette faculté d’invention/innovation est immense puisque l’auteur n’a pas besoin d’appartenir ni à une grande, petite ou moyenne entreprise pour se consacrer à son activité.

Outre l’intérêt personnel et technologique, cette liberté d’action va susciter une motivation certaine chez l’ingénieur parce que le produit de son innovation/invention va bénéficier à la société de manière générale et à lui-même puisque il sera récompensé via l’exploitation personnelle, le licensing, le transfert …grâce au brevet qu’il aura obtenu.

C’est pourquoi il est indispensable de prêter attention au système de brevets auquel le créateur sera confronté. D’abord, pour s’informer de ce qui existe, ce qui a été déjà créé, l’utilisation du brevet comme outil d’information technique permet de ne pas « réinventer la roue » d’une part, l’ingénieur informatique doit plonger dans l’univers du droit, d’autre part.

 

 

L’environnement dans lequel évolue ce genre de technologies se caractérise de plus en plus par une extension du domaine de brevetabilité, les conditions de brevetabilité de plus en plus floues, il est donc impératif de se prémunir contre tout obstacle juridique pouvant constituer un frein à l’activité inventive et encore à la possibilité de s’approprier son invention.

« On n’est jamais mieux servi que par soi même », de par son caractère éminemment immatériel, le logiciel présente un certain nombre de spécificités qui requièrent des connaissances ambivalentes, l’ingénieur est prompt à saisir les nuances dans le fonctionnement de l’œuvre logicielle et évaluer ainsi aisément le rapport juridique et technique pour apprécier la nouveauté du produit. Voilà pourquoi il doit se soumettre à la contrainte de l’immersion dans l’univers des juristes.

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