PI
&
Management

 

Déficit en connaissances et/ou compétences dans l’entreprise algérienne ?

 

Les managers algériens sont ils compétents ? Un débat cinquantenaire inachevé

 

Des connaissances et compétences pour l’innovation et la compétitivité

Diagnostic des connaissances
Diagnostic des compétences

La propriété intellectuelle : moteur de la connaissance et de l’innovation

Nous ‘’faisons’’ tous de la propriété intellectuelle…sans le savoir L’entreprise algérienne pratique le management de la propriété intellectuelle

Le management de la PI et de l’innovation dans les grandes entreprises algériennes

Management de portefeuille de marques
Management de portefeuille de brevets

Le brevet outil d’aide à la créativité et l’innovation

Un outil transversal
Un outil technologique capital

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Introduction

Depuis la révolution industrielle post indépendance dite des « industries industrialisantes » jusqu’à 2016 date marquant la mise en place d’un nouveau modèle de croissance économique Horizon 2020-2030 fondé celui là sur la connaissance, le savoir, les ntic…On n’a pas cessé de débattre des compétences, de la gestion et du management au sein de l’entreprise algérienne.

Les débats limités dans le passé à la qualité de la gestion courante de l’entreprise et la gestion du transfert de technologie se sont complexifiés avec l’introduction de ces nouveaux concepts au contexte dans lequel l’Algérie s’inscrit (selon le document).

L’Algérie entend développer la compétitivité et la performance axées sur la diversification,l’innovation de ses entreprises dans des secteurs industriels cibles et réaliser un taux de valeur ajoutée de 10% à l’horizon 2030. L’industrie agroalimentaire est un de ces secteurs.

 

Parmi les éléments d’appui à la mise en œuvre de cette politique, le document souligne la nécessité de la mise en place d’un dispositif de soutien à la production de la connaissance.

Déficit en connaissances et/ou compétences en entreprise ?

Les managers algériens sont ils compétents ? Un débat cinquantenaire inachevé

Le débat est cinquantenaire, la question récurrente est : les managers algériens sont ils compétents ? Sont-ils à la hauteur ?les responsables politiques, les chefs d’entreprise, l’enseignement supérieur, les citoyens… se sont impliqués et ont avancé à cet égard des opinions positives ou négatives à l’emporte-pièce.

Aujourd’hui personne n’est en mesure d’apporter la réponse à la question, à une question mal posée, nous semble, t-il.

Pour réaliser son objet social toute entreprise se dote d’une organisation et de moyens primaires, les PME algériennes possèdent les compétences fondamentales pour assurer le management courant, certaines grandes entreprises sont pratiquement aux normes internationales en termes de management, des études l’ont montré .Ces dernières ont même le mérite de suivre des formations en Amérique du Nord pour s’initier aux pratiques du management dit du ‘’changement et de la performance’’.

L’ambition de cette nouvelle politique gouvernementale comme celle des entreprises est de s’investir dans la diversification et l’innovation pour développer la compétitivité aussi bien à l’échelle nationale qu’internationale à l’instar des entreprises maghrébines voisines.

Des connaissances et compétences pour l’innovation et la compétitivité

Un diagnostic superficiel de bon sens des connaissances et des compétences peut nous aider, peut être, à apporter des éléments de réponse.

Diagnostic des connaissances

Les cadres d’entreprises en poste sont titulaires de diplômes de graduation ou post-graduation appartenant aux sciences commerciales et de gestion, management, sciences et technologie, droit…ils disposent d’un capital connaissances indiscutable acquis en licence, master…La dernière réforme de l’enseignement (LMD, système des grandes écoles) avait pour principale préoccupation le rapprochement de l’université de l’entreprise.

Diagnostic des compétences

L’examen des organigrammes nous révèle qu’aucune entreprise (grande ou moyenne) ne dispose de structure ou compétence quelconque dédiée à la fonction propriété intellectuelle. Les programmes de formation universitaire ne consacrent pas d’enseignement non plus à cette matière, une ou deux écoles de commerce et la faculté de droit d’Alger dispensent un enseignement de type classique destiné aux juristes.

 

 

Or la PI est une matière interdisciplinaire et transversale, elle est au cœur de la connaissance
technologique, marketing…

 

 

La propriété intellectuelle : moteur de la connaissance et de l’innovation

Nous ‘’faisons’’ tous de la propriété intellectuelle…sans le savoir

La PI est constituée de l’ensemble des œuvres de l’esprit, toute la création que peut générer l’intelligence humaine, elle concerne tous les domaines sans exception. Nous ‘’faisons’’ tous de la propriété intellectuelle, souvent, sans le savoir et nous avons la possibilité de nous approprier nos créations sous certaines conditions.

La PI qui représente une grande partie de l’ensemble du capital immatériel, des connaissances et savoir faire de l’entreprise est formalisée à travers des titres que sont les brevets d’inventions, les marques, droit d’auteur…

L’’ere de l’économie de la connaissance’’ devenu un effet de mode (parce qu’en réalité on s’est jamais passé de la connaissance) se caractérise par le passage de l’économie industrielle par exemple de nos ‘’industries industrialisantes’’ des années 1970 à une économie qui se consacre à …

C’est une nouvelle étape certes, mais elle ne se passe pas d’une base industrielle solide.

L’entreprise algérienne pratique le management de la propriété intellectuelle

Elle dépose, défend, copie des titres de PI… crée des marques, des dessins & modèles, des œuvres publicitaires…des innovations marketing remarquables doivent lui être reconnues.

Autant elle se distingue par un déficit dans le domaine des innovations technologiques, l’obsolescence des produits offerts à la vente le montre bien, toutefois les grandes entreprises font des efforts d’innovation.

Le management de la PI et de l’innovation dans les grandes entreprises algériennes

Aussi surprenant que cela puisse paraitre, depuis ces dix dernières années, l’université algérienne dépose des demandes de brevets. C’est un pas de fait, le brevet est un outil capital de l’économie de la connaissance. Très peu d’entreprises en déposent, par contre elles déposent beaucoup de marques en Algérie et à l’international dans plusieurs dizaines de pays.

La prise de conscience de l’importance de la PI existe.

Ce qui précède est confirmé dans la presse qui a rapporté récemment (en 2015) l’achat à l’étranger d’une entreprise de fabrication de produits électroménagers par une entreprise cent pour cent algérienne. Dans sa déclaration, le responsable de cette dernière a fait valoir l’importance de son acquisition en ces termes : 

« 04 marques prestigieuses françaises de renom mondial, 1300 brevets en France…un centre de R&D……37, 5 M d’euros dont 25 M d’euros pour les 04 marques….»

On aura noté que l’acquéreur a estimé son acquisition sur la base du capital immatériel de l’entreprise et de ses actifs en propriété intellectuelle non pas par ses actifs tangibles. Le reste du patrimoine serait subsidiaire.

Les grandes entreprises qui détiennent de riches portefeuilles de propriété intellectuelle n’ont pas prévu dans leur organisation une activité spécifique à la gestion de cet aspect, c’est sans doute le choix de l’entreprise, elle préfère s’attacher les services d’un agent externe.

Management de portefeuille de marques

Néanmoins, au point de vue stratégique, il nous semble que ces entreprises qui bénéficient d’un certain standing doivent songer à la rationalisation et la gestion de portefeuilles de marques et s’interroger sur leur politique multimarques actuelle. Est ce que cette politique adoptée les premières années de leur création est aussi pertinente  aujourd’hui. Son environnement a évolué, l’entreprise le vit et tente de s’adapter à ce changement, la politique de marque ne devrait pas être en reste.

Management de portefeuille de brevets

Ce paragraphe concerne les quelques rares entreprises qui possèdent des brevets.

La gestion et la rationalisation se posent de la même façon que pour les marques mais à la différence de ces dernières, les titres portent sur de la technologie dans des secteurs industriels précis. La connaissance de cette technologie et de son évolution est primordiale, la maitrise des outils de veille technologique est indispensable pour gérer cette activité.

Le choix de l’internalisation ou de l’externalisation de toute ou partie de la fonction PI doit être pensé pour des raisons de stratégie, de gestion et de conflits d’intérêts. Dans tous les cas de figure, l’entreprise doit maitriser les outils de base au moins pour communiquer avec ses interlocuteurs. 



Le brevet : outil d’aide à la créativité et l’innovation

Les grandes entreprises sont dotées de département de R&D, quelques PME de structures faisant office de laboratoires de recherche et de contrôle de la qualité , le cadre s’y prête pour développer des capacités technologiques via les brevets.

Un outil transversal

Le brevet est avant tout un outil d’information technologique qui sert à connaitre l’état de la technique dans un secteur technologique donné et exercer une veille commerciale sur un marché.

 

 

 

 

Pour ce faire, les cadres formés beaucoup plus à la recherche académique doivent s’intéresser à l’exploitation de la littérature brevet.

 

 

L’innovation n’étant pas une opération qui s’improvise, celle-ci doit être précédée d’une étude de marché, ce que sait faire très bien l’entreprise. Néanmoins, le mangement doit innover dés cette phase en associant à la recherche tous les métiers et fonctions de l’entreprise : de l’ingénieur informatique ou de production au juriste, au marketing en passant par le financier, toutes les compétences doivent être croisées autour de cet outil. C’est ce qu’on appelle la transversalité.

Un challenge attend le management, c’est la gestion de cette transversalité, il va falloir briser les cases de son organigramme pour faire travailler ensemble un juriste et un ingénieur en sciences et technologie, cette association de gens qui parlent des langages différents est enrichissante voire un peu ludique.

Un outil technologique capital

 

En effet, 80 % des connaissances techniques existant dans le monde sont dans les brevets et «vouloir faire de l’innovation sans passer par les brevets c’est comme si on veut prendre la mer sans bateau » disait un responsable d’un office européen des brevets.

Qu’il s’agisse d’une innovation portant sur un couscoussier, la culture de blé à Tamanrasset, il faut s’enquérir de l’état de la technique, le marché, la concurrence…et bien entendu la faculté à s’en réserver la propriété.

Nous disions au début de ce papier que la PI est l’ensemble des œuvres de l’esprit, ensemble des créations humaines, c’est un ensemble de biens immatériels qui sont formalisés dans des titres appelés : brevet, marque, D&M, IGP, DA etc.…

Toute stratégie d’innovation marketing ou technologique doit scruter ces univers.

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